Est-ce oui ou non utile de passer par la case « wireframes » dans le cadre de la conception d’un site web ?
Une discussion qui revient souvent lorsqu’il s’agit de créer ou refondre un site.
Chez Impala Webstudio, la phase de wireframes fait partie intégrante de notre process de conception depuis nombre de projets, et nous en relevons nettement les bénéfices.
Je reste à chaque fois étonnée d’entendre certains designers considérer l’étape de wireframes comme une perte de temps, et se jeter tête baissée sur la réalisation de maquettes graphiques.
Un point de vue que le designer américain Joshua Khron défendait également dans l’une de ses dernières publications In Defense of Hi-Fi Wireframes – Joshua Khron . Le parallèle qu’il établit entre la conception d’un site et la conception d’une maison est plutôt efficace et plein d’évidences…
Imaginez-vous architecte : vous avez comme mission de bâtir pour vos clients la maison de leur rêve. Vous discutez de leur budget, de leur vision, du type de maison qu’ils imaginent. Combien de pièces, combien d’étages. Un garage ? Une véranda ? Quel type de carrelage dans la cuisine, quel style de tuiles pour la toiture, quelle couleur pour les fenêtres PVC ? Très bien : cela vous donne une vue d’ensemble pour définir le périmètre du projet et son coût.
Mais allez-vous dès lors vous rendre sur le terrain, poser les fondations et ériger les murs sans même avoir validé les plans auprès de votre client ?
Plutôt risqué.
Le process de conception dans le cadre de la création d’un site web devrait suivre la même logique : élaborer le plan et le valider, avant de construire les murs et poser le parquet.
Penser la structure et l’organisation de chacune des pages. Décider de ce que l’on y met, dans quel ordre d’importance et sous quelle forme. Formaliser la mise en page, concevoir les contenus et leur donner vie.
En bref, poser les fondations pour permettre à votre client de se projeter. De réagir.
Telle est toute l’importance des wireframes.
Gagner en fidélité jusqu’à l’étape des maquettes
Souvent précédée par une phase de crayonnés papier qui aide à coucher rapidement un maximum d’idées sur papier, l’étape de wireframes doit être considérée comme un dialogue : une succession d’allers-retours entre le designer et le client, qui vont permettre de gagner en fidélité tout au long de la démarche de conception. Les wireframes formalisent les choix faits en terme de structure et de navigation, d’organisation des contenus et de hiérarchie. Ils matérialisent la vision du designer et celle du client, et sont la traduction des recherches et de la stratégie faite en amont.
Au stade des wireframes, le designer ne doit pas craindre de « fauter », d’oser, de prendre parti. Bien au contraire.
Le wireframe est un support de discussion formidable qui facilite les échanges avec le client, l’aide à visualiser ses idées, poser son discours, centraliser, organiser et concevoir ses contenus. Il permet d’obtenir à ce stade de la création du site les validations qui s’imposent.
Pour ensuite seulement aborder le design graphique.
Car comme le souligne très bien Joshua Khron : si votre client n’approuve pas les wireframes, aucune raison qu’il n’approuve les maquettes (de la même manière que les futurs propriétaires ne se réjouiront pas devant la couleur resplendissante des rideaux si la fenêtre n’a pas été posée au bon endroit…).
Ecarter les wireframes de la démarche de conception est un risque pour la bonne réussite de votre projet web. Considérez le temps consacré à cette étape comme un réel temps gagné pour la suite. Et de solides bases pour garantir le succès du projet et la collaboration avec votre client.
